Quand Gabriel a proposé de rédiger un article invité sur ce blog, je me suis proposée directement. Certes, j’avais découvert son idée de défis de 30 jours depuis peu et je ne connaissais pas encore son blog. Mais ce qu’il transmet sur Instagram me parlait déjà beaucoup. C’est pourquoi j’ai décidé de vous parler aujourd’hui de mon propre défi.

Quand ma vie est devenue un défi

En 2012, j’avais 22 ans. J’étais entourée par une famille aimante, je vivais avec mon chéri. Je travaillais, je sortais avec des amis. On peut dire que c’était une vie des plus banales certes, mais très agréable et sans (gros) problème. Cette même année, j’ai eu le bonheur de devenir maman pour la première fois. Tout se passait pour le mieux pour moi. Puis, ma vie a pris une autre direction.

En quelques semaines ma santé s’est beaucoup dégradée. À tel point qu’aux 4 mois de mon fils, j’ai été opérée en urgence du dos pour tenter de contrer la paralysie des membres inférieurs qui s’était installée depuis 5 jours. L’opération a été un succès et j’ai pu marcher à nouveau. Cependant, j’ai continué à souffrir d’importantes douleurs dans le dos.

Suite à cela, j’ai repris le cours de ma vie. Je faisais tout pour que mon fils ne manque de rien. J’étais heureuse avec mon chéri, nous nous sommes même mariés. Mais quelque chose avait changé. La douleur avait pris une énorme place dans ma vie. J’ai commencé à perdre confiance en moi, je me suis totalement refermée sur moi-même. J’ai tenté de ne rien laisser paraître mais, au fond de moi, je n’étais plus là.

Comprendre que nous sommes maîtres de notre vie

Au total, j’aurais passé près de 4 ans dans un état de semi-dépression durant lequel le seul maître à bord était la douleur. Chaque acte du quotidien, je le faisais en fonction de la douleur. J’avais l’impression de ne plus avoir de vie. La seule chose qui me tenait debout c’était ma famille. C’est horriblement difficile, quand on a la vingtaine, de ne pas savoir ce que l’on pourra faire de sa vie dans de telles conditions.

Puis, un jour, quelque chose en moi a changé. J’étais enceinte de mon deuxième enfant alors que je n’étais même pas certaine de pouvoir être à nouveau maman. Je ne sais pas si c’est la grossesse ou autre chose mais, à ce moment-là, j’ai compris.

Oui, les douleurs feront certainement partie intégrante de ma vie pour toujours. Mais je ne suis pas obligée de vivre dans cette prison, que je me suis construite toute seule finalement. J’ai pris conscience qu’il y avait certainement une autre solution. Subir sa vie au lieu d’en profiter, ce n’était pas ce que je voulais, ni pour moi, ni comme modèle pour mes enfants.

Ce constat effectué, comment s’en sortir ?

Passer à l’action

Vous le savez certainement, ce n’est pas parce que l’on prend conscience que notre vie doit changer qu’elle change automatiquement.

Quand on veut reprendre le contrôle de notre vie, il faut agir. Dire que l’on veut maigrir et rester dans son canapé toute la journée, évidemment, ça ne marchera pas. Ici, c’est pareil. J’ai pris les choses en main. C’est passé par plusieurs objectifs, ou petits défis, que je me fixais :

  • recommencer à prendre plus soin de moi ;
  • oser soutenir le regard des personnes qui me parlent ;
  • recommencer à dire “bonjour” aux gens dans la rue ;
  • sourire beaucoup plus souvent ;
  • sortir du cadre strictement médical et chercher des méthodes alternatives pour essayer de diminuer l’intensité de la douleur ;
  • faire des projets pour l’avenir ;
  • etc.

Il ne s’agit là que de quelques exemples évidemment. Mais pour réussir le défi de recommencer à vivre vraiment, il a fallu que je me pose les bonnes questions. Et surtout, que je reste fixée sur chacun de mes petits défis journaliers.

Garder le cap

Après de nombreux petits défis réalisés, je me sentais mieux. Je suis sortie de cet état de semi-dépression et je me suis retrouvée. Ça fait un bien fou mais j’ai vite compris qu’il ne fallait pas s’endormir sur ses lauriers.

Se lancer des défis et se fixer des objectifs, c’est génial lorsqu’on les atteint. Mais que se passe-t-il ensuite ? Si votre défi était de gravir le Mont Blanc, il est certain que c’est quelque chose que vous ne ferez certainement qu’une fois dans votre vie. Mais si vos objectifs touchent plutôt au développement personnel, il ne suffit pas de les atteindre une fois. Il faut qu’ils deviennent vos habitudes de vie. Combien de fois ai-je été tentée de passer la journée sur le canapé devant la télé à me morfondre à chaque nouvelle crise douloureuse ? Je ne saurais le dire. Parfois, j’ai craqué. Il faut dire que ça fait aussi du bien de se laisser aller de temps en temps. Mais systématiquement le lendemain, je reprends mes bonnes habitudes.

Maintenant, à chaque choix que je fais, je me demande si c’est ce dont moi j’ai envie ou si c’est la douleur qui parle à ma place. Ne plus laisser la douleur être le centre de mes préoccupations et être heureuse, voilà mes objectifs pour le reste de ma vie.

Et vous, quels sont les vôtres ?

Rédigé par Jenn

Du blog https://jaidecidedetreheureuse.com

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